Chiffrage par phase, temps de réglage séparé du temps série, indices de plan et rapports de contrôle dimensionnel : l'ERP d'un atelier où la marge se joue à la seconde de broche.
Mécanique
Un devis d'usinage est un pari sur des temps. La gamme annonce un temps théorique par phase, l'atelier consomme un temps réel, et l'écart entre les deux constitue l'essentiel de la marge. Encore faut-il que cet écart soit mesuré au niveau où il se produit : la phase, pas la commande.
Le temps de réglage est le point le plus mal traité. Il ne se comporte pas comme le temps série : il est engagé une fois, quel que soit le nombre de pièces. Sous-estimé sur un lot de vingt pièces, il efface la marge du lot entier ; sur une série longue, il se dilue au point de ne plus se voir. Confondre les deux dans un temps moyen revient à surfacturer les grandes séries et à perdre de l'argent sur les petites, sans jamais savoir lesquelles.
À cela s'ajoute la pression du délai de réponse. Un appel d'offres se joue souvent en quelques jours, et le devis est alors reconstruit à la main, phase par phase : tournage, fraisage, rectification, ébavurage, contrôle. Chiffrer vite et chiffrer juste s'opposent tant que les gammes déjà réalisées ne sont pas réutilisables comme base de chiffrage.
Reste ce que le prix de revient ignore presque toujours : la consommation d'outils coupants. Les plaquettes, les forets et les fraises ont une durée de vie qui dépend de la matière usinée et des conditions de coupe. Cette dépense est réelle, mais rarement rattachée à l'ordre de fabrication qui l'a provoquée, donc absente du coût de la pièce.
La première cause de rebut en sous-traitance mécanique n'est pas la machine, c'est le plan. Une pièce usinée sur un indice périmé est conforme au document que l'opérateur avait sous les yeux et refusée à la réception. Le problème se répète des années plus tard : une commande récurrente doit retrouver sa gamme et son plan à l'indice en vigueur, longtemps après le départ de celui qui l'avait préparée.
Vient ensuite ce qui se contrôle. Les tolérances générales renvoient à l'ISO 2768, le tolérancement géométrique au langage GPS et à l'ISO 1101 : planéité, coaxialité, localisation, références spécifiées. Ces exigences se mesurent avec des instruments dont l'étalonnage a une périodicité et un raccordement, et un donneur d'ordre averti demandera le rapport de contrôle avant d'accepter le lot. Sur les pièces suivies en MSP, il attendra en plus des relevés exploitables et les indices de capabilité Cp et Cpk qui en découlent.
Le troisième angle mort est la sous-traitance de traitement. Une pièce partie en traitement thermique ou en traitement de surface quitte l'atelier au milieu de sa gamme. L'en-cours devient invisible, le délai dépend d'un tiers, et le coût de l'opération doit malgré tout entrer dans la marge de la pièce.
AVIA ERP versionne la gamme et la nomenclature par indice et rattache le plan à l'opération, si bien qu'un en-cours conserve la définition sur laquelle il a été lancé. Le pointage atelier distingue le réglage de la série, les opérations de traitement suivent un flux de sous-traitance qui garde l'en-cours valorisé chez le tiers, et les relevés de contrôle restent attachés au lot qu'ils qualifient.
Pointé à part, il apparaît pour ce qu'il est : un coût fixe par lot, qui explique pourquoi les petites séries se comportent autrement que les longues.
Le devis se construit sur des gammes et des temps déjà constatés à l'atelier plutôt que sur une estimation refaite à chaque appel d'offres.
L'indice porté par la gamme et le plan diffusé au poste rendent impossible le mélange de définitions, y compris sur une commande rééditée des années après.
Relevés de cotes, rapports et non-conformités restent attachés au lot. La demande du donneur d'ordre se satisfait depuis le système, sans reconstitution.
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